Ravnal mon fanal

Danièle MOUSSA. Union pour la défense de l’identité réunionnaise (Udir). Poésie. 2009. 9782878630602

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Union pour la défense de l’identité réunionnaise (Udir)
Danièle MOUSSA

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4ème de couverture
Le ravnal reçoit l’eau du ciel et la redonne à l’être visible et invisible qui passe sous l’éventail de ses feuilles ; il redonne un peu de ciel à celui qui meurt de soif, qui meurt de vivre, qui meurt d’aimer, et pourtant ne cesse de rêver d’éternité, et encore. Le fanal offre sa lumière à ceux qui se sont égarés dans la nuit, dans la vie comme devant la mort, en quête de je ne sais quoi de perdu, de perdu et de retrouvé en même temps, mais quoi ? Quel visage de l’autre ? Quel sourire ? Quel espoir ? Quel amour ? Quel amour à l’instant même où la mort surgit, inéluctable. La mort qui s’impose, surprend, arrache des larmes au ravnal tandis que du haut du ciel le fanal jette sa lumière dans le chemin. L’un s’en va, l’autre reste. Battement d’un cœur agité, affolé, apaisé enfin, lorsqu’on découvre la goutte de lumière qui brille dans l’eau venue du ciel. C’est alors que le fanal sèche les larmes du ravnal et que l’on comprend que si la mort gagne parfois des combats, la vie triomphe toujours.
Jean-François Samlong

Les îles rebelles

Collectif. Union de défense de l’identité réunionnaise (Udir) – Poésie de l’océan Indien. Poésie. 2005. 9782878630548

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Union de défense de l’identité réunionnaise (Udir)
Nassuf DJAILANI
Céline HUET
MAB ELHAD
Danièle MOUSSA

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4ème de couverture
Le mot «sang» ne saigne pas, et « larmes » est si souvent un mot parmi d’autres. Mais ouvrez ce livre, pour voir comment un poème entier peut pleurer, peut saigner même, dans son mouvement. L’île ne protège pas, on s’y creuse de douleur, depuis le temps. Voici encore « nos entrailles gorgées de doute » (Nassuf Djailani), les mères qui « émiettent leur cœur sur le perron des prisons » (Annie Darencourt).
Peu de silence ici pourtant, on entend dans les îles rebelles à chaque fois un poète éveillé. Prêt à se dire « pêcheur / J’aurais mon espoir pour appât ! » (Mab Elhad), ou protégeant du chaud de sa voix «la mèche de la bougie qui faiblit » (Joseph Robertson). On peut être courbé de douleur et ne pas s’enfoncer. Si June Vel nous dit « j’habite l’infini », c’est pour remercier le blanc de la page d’accueillir « l’encre noire de la mémoire », parce qu’alors celle-ci rebondit bien loin, car la mémoire est faite pour l’avenir. Rebondissement que la langue créole opère d’elle-même, bousculant tendrement mais obstinément la française.
Ariane Dreyfus