Les îles rebelles

Collectif. Union de défense de l’identité réunionnaise (Udir) – Poésie de l’océan Indien. Poésie. 2005. 9782878630548

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Union de défense de l’identité réunionnaise (Udir)

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4ème de couverture
Le mot «sang» ne saigne pas, et «larmes» est si souvent un mot parmi d’autres. Mais ouvrez ce livre, pour voir comment un poème entier peut pleurer, peut saigner même, dans son mouvement. L’île ne protège pas, on s’y creuse de douleur, depuis le temps. Voici encore «nos entrailles gorgées de doute» (Nassuf Djailani), les mères qui « émiettent leur cœur sur le perron des prisons » (Annie Darencourt).
Peu de silence ici pourtant, on entend dans les îles rebelles à chaque fois un poète éveillé. Prêt à se dire « pêcheur / J’aurais mon espoir pour appât ! » (Mab Elhad), ou protégeant du chaud de sa voix «la mèche de la bougie qui faiblit » (Joseph Robertson). On peut être courbé de douleur et ne pas s’enfoncer. Si June Vel nous dit « j’habite l’infini », c’est pour remercier le blanc de la page d’accueillir « l’encre noire de la mémoire », parce qu’alors celle-ci rebondit bien loin, car la mémoire est faite pour l’avenir. Rebondissement que la langue créole opère d’elle-même, bousculant tendrement mais obstinément la française.
Ariane Dreyfus