Colandie

Emmanuel GENVRIN. Théâtre Vollard. Théâtre. 1986

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4ème de couverture
Dans les ruines d’une usine sucrière se réunit une troupe, les  » Compagnons du Devoir  » ou  » Jolis-Militaires  » parce qu’ils s’habillent de défroques de soldats et d’uniformes de fonctionnaires. L’une des leurs, Colandie, s’est enfuie d’un orphelinat et veut rejoindre le colonel Augustus, son amour par correspondance.
J’avais fait la connaissance d’une femme en métropole, ancienne pensionnaire de l’APECA, institution réunionnaise pour l’enfance « coupable et abandonnée ». On l’avait emmenée de force en métropole et attachée à un grabataire. Elle était devenue alcoolique et se rappelait qu’à La Réunion, un bourreau professionnel battait les enfants avec un chabouk (fouet), qu’il y avait deux cuisines, une pour les créoles, une pour les bonnes sœurs métropolitaines. L’établissement fonctionnait comme une colonie pénitentiaire, à 1 500 mètres d’altitude, à la Plaine des-Cafres. Plus tard, à La Réunion, j’ai travaillé à l’APECA. »
Emmanuel Genvrin

Marie-Dessembre

Emmanuel GENVRIN. Revue Lansiv – Théâtre Vollard. Théâtre. 1984 – 1987

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4ème de couverture
Sur une plantation, Marie-Mirandine, une jeune esclave, aime en secret le fils du maître. Elle attend un enfant de lui. Le scandale éclate pendant les événements de 1848 qui voient l’arrivée à La Réunion de Sarda Garriga et l’affranchissement des esclaves. Marie-Mirandine doit fuir dans les Hauts où elle accouche d’une petite fille au milieu des siens. Elle meurt des suites de l’enfantement. On baptise sa fille Marie Dessembre, fille de la Liberté.
« Je ne me souviens pas d’une pièce qui fut préparée et jouée avec autant de sérénité. C’était étonnant. Ne disait-on pas que la mémoire de l’esclavage avait disparu ou qu’elle était si douloureuse qu’il valait mieux la taire ? Je me souviens de l’enthousiasme des acteurs, particulièrement des jeunes filles du chœur des Yambanes (peuplade du Mozambique) que nous sommes allés chercher, Jean-Luc Trulès et moi, au hasard de nos rencontres parce qu’il n’y avait pas de comédiennes noires à La Réunion. Il y eut les couturières qui se souvinrent de la façon de nouer les foulards des Yambanes. L’accueil du public fut populaire, vibrant, chaleureux. Je me rappelle encore de l’affiche de Marie Dessembre qui reproduisait un tableau étrange, le portrait d’une jeune esclave inconnue par un peintre inconnu. Son sourire était celui d’une madone et l’actrice qui jouait le rôle lui ressemblait. Marie Dessembre est notre acte de naissance. L’attachement des Réunionnais au Théâtre Vollard date de cette époque. »
Emmanuel Genvrin