Jean-François SAMLONG

© Catherine Hélie
Romancier

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Jean-François Samlong, chevalier de l’Ordre national du mérite, est né en 1949 à Sainte-Marie (La Réunion). Il est professeur certifié de lettres, chargé de mission à la culture au Conseil général, chargé de mission Langue et culture régionales (LCR) au rectorat de La Réunion pour le second degré. Il est président-fondateur de l’Union pour la défense de l’identité réunionnaise (Udir) qui, depuis 1978, œuvre dans le domaine de l’édition, de la diffusion, de l’animation littéraire ; l’association met également en place la formation de « rakontèr zistoir », le concours Lankréol, des ateliers d’écriture de perfectionnement en partenariat avec les ateliers d’écriture Gallimard.
Depuis une trentaine d’années, il participe au renouveau de la culture et de la littérature réunionnaise. Poète, romancier, essayiste, sa première période est intimiste, marquée par une poésie introspective (Valval, 1980 ; Le Cri du lagon, 1981 ; Solèy do fé, 1990). La deuxième est une orientation vers le roman historique afin de se ré-approprier certaines pages d’histoire et de légende de La Réunion, notamment avec Terre arrachée (1982, Prix de Madagascar décerné par l’Association des écrivains de langue française), Madame Desbassayns (1985, Prix des Mascareignes décerné par l’ADELF), Pour les bravos de l’Empire (1987), Zoura, femme Bon Dieu (1988). La troisième inaugure un cycle plus littéraire avec un regard sans complaisances porté sur la société réunionnaise contemporaine. Il publie La Nuit cyclone (Grasset, 1992, Prix Charles Brisset), L’Arbre de violence (Grasset, 1994, Prix de la Société des Gens de Lettres, Le Livre de Poche, 1996), Danse sur un volcan (Ibis Rouge Éditions, 2001), Le Nègre blanc de Bel Air (Éd. Le Serpent à Plumes, 2002), L’Empreinte française (Éd. Le Serpent à Plumes, 2005). La quatrième l’amène à faire un va-et-vient entre le passé et la période contemporaine avec Une guillotine dans un train de nuit (Gallimard, 2012, Sélection Prix du Roman Métis des Lycéens 2013), En eaux troubles (Gallimard, 2014), Hallali pour un chasseur (Gallimard, 2015), Un soleil en exil (Gallimard, 2019, Sélection Prix Médicis 2019).
Il publie deux romans jeunesse : Kafdor (version créole, éd. Udir, 2003 ; version française, Ibis Rouge Éditions, 2004) et Une île où séduire Virginie (L’Harmattan, 2007).
Ayant analysé le discours poétique et romanesque, il publie De L’élégie à la créolie (1989), Le roman du marronnage (1990), puis des anthologies, des guides bibliographiques, la première Anthologie du roman réunionnais (Seghers, 1991). Et il consacre sa thèse de doctorat à La mort dans le roman réunionnais contemporain (Université de La Réunion, 1994).
Ses essais, Le défi d’un volcan (Stock, 1993) et La crise de l’outre-mer français (en collaboration avec Suzanne Dracius et Gérard Théobald, L’Harmattan, 2009) sont une réflexion sur l’évolution de la société réunionnaise qui veut réussir son intégration à la région indocéanique, à la France, à l’Europe, car si les racines d’un peuple ne se nourrissent pas aux grandes civilisations, elles meurent. Dans le même temps, il estime qu’il est important de promouvoir la langue créole, aussi traduit-il du créole en français plusieurs ouvrages : Légendes créoles (Daniel Honoré, 1997), Le Chemin des frères Ramondé (Daniel Honoré, 1999), Légendes chinoises (Daniel Honoré, 2000), Contes créoles (Daniel Honoré, 2003), Barnar (Jean-Bernard Ifanohiza, 2012), Béképabéké (Sully Andoche, 2014). En tant que chargé de mission LCR, il participe à l’élaboration de deux ouvrages pédagogiques sous la direction d’Evelyne Pouzalgues : Littérature réunionnaise au collège (rédigé en créole, 2003) et Anthologie de la littérature réunionnaise (Nathan, 2014).
Enfin, il renoue avec l’une de ses passions d’autrefois, la photographie, et il publie deux albums : L’île insolite d’un jardin créole (2011) et Le volcan ou la fusion des images (2014). Les mots et les images font entrer l’île dans l’espace de la francophonie où l’on fête le droit à la différence, le dialogue des langues et des cultures, les sociétés qui défendent une identité plurielle, la tolérance, les Droits de l’Homme. Les mots et les images disent cette acuité de l’esprit qui imagine et cette obstination de l’œil qui scrute le réel en quête du sens de l’ailleurs, car ce qui est écrit ou inclus dans le monde invisible ne vient jamais d’emblée à la représentation, comme si l’art était de cacher l’art;

Un soleil en exil (4ème de couverture)
« On ne nous aimait pas, enfermés dans un milieu clos, sans marques d’affection ni la possibilité de fixer des repères. Nous étions dans le même guêpier, égarés dans un tunnel ou une voie sans issue, et à mesure que nous avancions, la neige effaçait les empreintes de nos bottes pour prouver que nous n’existions pas.»
Dans chacun de ses romans, Jean-François Samlong ne cesse d’interroger la violence qui secoue La Réunion. Cette fois-ci, dans un style percutant et concis, il nous convie à découvrir l’histoire des enfants de la Creuse. En fait, une véritable tragédie s’est déroulée entre 1962 et 1984, avec l’exil forcé en métropole de plus de deux mille mineurs réunionnais. Mensonges. Fausses promesses. Trahisons. Harcèlement sexuel. Viols. Tentatives de suicide, et suicides. Séjours en hôpital psychiatrique. Une catastrophe invisible. Enfin, le 18 février 2014, l’Assemblée nationale a reconnu la responsabilité morale de l’État français dans la terrifiante transplantation des enfants. Ici, deux jeunes garçons, Tony et Manuel, et leur sœur courage, Héva, qui témoigne des vies séparées, suspendues, piégées au cœur du froid et du racisme.

Prix et distinctions
2019 Sélection Prix Médicis pour Un soleil en exil
2013 Sélection Prix du Roman Métis des Lycéens pour Une guillotine dans un train de nuit
1994 Prix de la Société des gens de lettres pour L’Arbre de violence
1992 Prix Charles Brisset pour La Nuit cyclone
1985 Prix des Mascareignes pour Madame Desbassayns
1982 Prix de Madagascar pour Terre arrachée

Manifestations
2019 Salon du livre de Mayotte (Mamoudzou)
2019 Salon du livre Athéna de Saint-Pierre (La Réunion)
2019 L’Est lire, Festival livre et nature (La Plaine-des-Palmistes – La Réunion)
2018 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (saint-Leu – La Réunion)
2017 Salon du livre de Paris
2016 Salon du livre de Paris
2015 Salon du livre de Paris
2013 Confluences (Port-Louis – Maurice)
2010 Salon du livre de Paris