Terre arrachée

Jean-François SAMLONG. Union de la défense de l’identité réunionnaise (Udir) – Anchaing. Roman. 1982

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Présentation de l’auteur
Seul le sorcier Ombiasy, le gardien de la tradition sous ce ciel inconnu, n’avait rien oublié des coutumes. Souvent, à la tombée de la nuit, quand la lune était montante, il prenait Tsiilaba sur ses genoux et lui contait les légendes des crocodiles, lui murmurait à l’oreille un chant funèbre, quelques fables, avant de le faire rire avec des proverbes : ” Le chant d’un coq sur le marché n’est pas une marque de courage, mais un signe de regret pour le pays qu’il a quitté”, “dans la vie, il faut faire comme le canard : celui qui conduit les autres est celui qui crie le moins”, ou encore ” la pintade qui entre dans une forêt ne peut plus avancer ni retourner sur ses pas : ses ailes sont brisées. Elle s’arrête et regrette de ne pas voir ses parents”. Pendant ce temps, Satoka labourait la terre de son potager de ses mains, jetant un œil inquiet, à chaque minute, vers le sentier qui menait à leurs gourbis, pour surprendre l’arrivée de Fanony. Le sorcier Ombiasy, en jouant avec son amulette, se demandait avec nostalgie si leurs ancêtres avait déjà entendu le chant des Antandroy qui vivaient dans les camps. Il se disait aussi que la poule ne commettait une faute en vivant dans le coin, car c’était la partie qui lui était réservée. Chacun d’eux avait son petit coin et y demeurait, replié sur lui même. Fallait-il signer un nouveau contrat d’engagement ou fallait-il demander son rapatriement au pays de la brousse et de la savane ?