Archives de catégorie : La Réunion (France)

STAARK

Mangaka, scénariste et dessinateur de manga

 Facebook Staark Mangaka
 Instagram Staark
 Twitter Staark
 manga.redskin@gmail.com

Staark de son vrai nom Yvan Soudy est né à Saint-Benoit le 20 septembre 1987 et grandit à Bras-Panon. Déjà tout jeune il baigne dans la culture du manga et décide de devenir réalisateur de films d’animation. Après un cursus scolaire classique, le jeune Réunionnais décide de s’orienter vers une école d’animation et intègre l’Institut de l’image de l’océan Indien (ILOI). Il y étudie principalement les jeux vidéo. Il fonde avec ses amis le Studio Pixel butchers, qui se fait remarquer sur la scène internationale avec le jeu Little Geek Adventure qui leur vaut une participation à l’Independant Game festival de San Francisco. Le studio devient ainsi le premier studio étudiant français à y être admis. 

En parallèle Staark est repéré par Shovel, auteur chez Delcourt à ce moment-là. Il bénéficie de la bourse jeune talent de l’atelier Shovel et y apprend les codes de la bande dessinée. Le jeune Panonnais se lance alors dans le monde du manga et publie Jabulamy sur Délitoon. Il se tourne ensuite vers la plateforme numéro 1 de webmanga : Mangadraft. Il y publie Bastille 974 et pour la première fois Redskin. Le manga connaît un petit succès inattendu pour une œuvre amateur et est rapidement repéré par les éditions Norigami.

En  2018, Redskin devient 100% réunionnais avec l’adaptation au format physique par les éditions Des Bulles dans l’Océan.

Manifestations
2019 Cyclone BD – Festival international de la BD de l’océan Indien (Saint-Denis de La Réunion)
2019 Val en Bulles – Salon international de la BD à Valenciennes (Nord)
2019 Festival international de la BD d’Alger (Algérie)
2019 Geekali (Saint-Denis de La Réunion)
2019 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2018 Geekali (Saint-Denis de La Réunion)

Gilles GÉRARD

Anthropologue et historien

 Site La famille esclave à Bourbon (Île de La Réunion)
 gilles.gerard.974@gmail.com

A La Réunion depuis 1981, Gilles Gérard multiplie les approches des sociétés de l’Ouest de l’océan Indien. Après des travaux en langue et culture chinoise, dans sa déclinaison india-océanique sur Les Réunionnais d’origine chinoise (1986), puis Les Seychellois d’origine chinoise (1988), il entame une formation en anthropologie qui aboutit en 1996 avec une thèse sur Le choix du conjoint en société créole soutenue à l’Université de La Réunion.
Dès 1994 il commence un partenariat avec le Musée Stella Matutina, en particulier pour l’exposition Visages de l’usine avec le photographe Yann Arthus Bertrand et l’édition d’un catalogue sur les anciens ouvriers de cette usine sucrière.
Responsable pédagogique de cette structure muséale, il multiplie les participations à diverses expositions dont Café et esclavage, en 1998, à l’occasion du 150e anniversaire de l’abolition, puis Photos d’hier, regards d’aujourd’hui, mémwar, mounwar, en 2003.
Il effectue ensuite durant plusieurs années des recherches historiques sur les familles esclaves dans le cadre d’une thèse en histoire, sous la direction de Sudel Fuma, soutenue en 2011 à l’Université de La Réunion.
Dans une recherche permanente de compréhension des particularités et des structures de la société réunionnaise, il aborde sous des angles souvent plus historiques qu’anthropologiques certaines des « faces cachées » ou méconnues de cette société.
Cela se concrétise par de nouveaux ouvrages, toujours aux Éditions L’Harmattan.
Suite aux commémorations du 150e anniversaire de la révolte des esclaves de Saint-Leu, un travail de recherche poussé, à la suite des travaux de Sudel Fuma, permet la découverte de nouvelles données sur cet événement et propose une grille de lecture particulière ; cela se retrouve dans le titre même de l’ouvrage paru en 2015 : La guerre de 1811 ou la révolution des esclaves de Saint-Leu en 1811.
L’intérêt pour les formes de résistances à l’esclavage, présent dans la recherche sur les familles d’esclaves et sur la révolte, se décline à nouveau avec la parution en 2016 du livre Des esclaves sous le fouet, le procès Morette à l’ïle Bourbon, écrit en collaboration avec la romancière Martine Grimaud. Ce livre, basé sur des archives complètes d’un procès d’assises en 1846, en particulier de nombreux témoignages d’esclaves victimes « d’actes de barbarie et de traitements inhumains », présente une structure particulière, combinant analyse historique, documents d’archives et récits de fictions sur la vie des esclaves décédés.
L’ouvrage sur le récit de vie de Franswa Sintomer, militant culturel réunionnais, s’inscrit à la fois dans l’histoire de la départementalisation depuis la seconde moitié du 20ème siècle mais également dans l’analyse des processus de résistance, base de l’action de ce personnage.
Ses recherches actuelles, toujours dans les mêmes orientations, portent sur des engagés oubliés de la mémoire collective, des Polynésiens venus peupler La Réunion dans la décennie suivant l’abolition de l’esclavage.

Manifestations
2018 Kabar Lire La Kréolité – Salon du livre des mondes créoles (Le Port)

Alena SIZLO

Scénariste de bande dessinée

 Site LaBandeDu9.fr
 Facebook de Roche et de Sève
 Instagram Alena-Shovel Elundhaäl
 derocheet2s@gmail.com

En 2016, elle rencontre en vrai Shovel, après dix ans passés à échanger avec lui sans le connaître des écrits sur le mode du discours courtois sur un monde qu’ils ont créé en commun. Il devient son compagnon, dans la vie comme aux commandes des prémices du monde d’Elundhaäl. Personne ne saurait dire d’où elle vient ni ce qu’elle aurait fait avant mais ils se rejoignent et se chevillent inextricablement autour de nombreuses passions communes, comme le discours de l’amour courtois médiéval, la fantasy, le stylisme de mode vintage ou la moto. De leur indéfectible amour, nait enfin l’univers d’Elundhaäl, et de leur collaboration naît la série De roche & de sève, dont le premier tome est sorti en mars 2019 chez Des Bulles dans l’Océan. Cette dernière série de bande dessinée de fantasy est tirée de leur histoire vraie et est prévue en quatre albums.

Ils coulent aujourd’hui des jours heureux sur l’Île de La Réunion où ils se chérissent et œuvrent à l’écriture de leur histoire, à la création de leurs atours, bien à l’abri entre les flancs de roche volcanique recouverts de forêts primaires, et face à l’océan Indien et ses odieux couchers de soleil.

De roche et de sève – Tome 1 – On ne nait pas elfe noire… (4ème de couverture)
Contre son gré, Sthannÿe Pheÿ monte sur le trône des Elfes, après la mort de son frère, décapité par le roi des Nains Wirkkin. Sombrant dans la noirceur, son premier acte sera d’entreprendre d’éradiquer l’engeance naine et son roi.
Mais leur première rencontre bouleverse leurs plans. Le roi des Nains renonce à la recherche du plus fabuleux trésor de l’histoire d’Elundhaäl, celui du dieu-roi Nordemir Dent-De-Forge, et la reine Elfe renonce au trône de son peuple pour porter son enfant: au premier regard ils se sont voués amour éternel.
Quelle magie les a-t-elle liés ainsi ? L’héritier des deux royaumes aura- t-il le temps de naître et de réclamer son dû ? Les Nains et les Elfes leur laisseront-ils le temps de trouver des réponses ?
Tolkien n’a pas osé. Alena Sizlo et Shovel, si !

Manifestations
2017 Cyclone BD – Festival international de la BD de l’océan Indien (Saint-Denis de La Réunion)
2017 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)

SHOVEL

Scénariste, dessinateur et coloriste de bande dessinée

 Site LaBandeDu9.fr
 Facebook de Roche et de Sève
 Instagram Alena-Shovel Elundhaäl
 derocheet2s@gmail.com

Shovel est titulaire d’un diplôme supérieur d’architecture (DSA) et d’un diplôme national d’illustration (DNI). En dehors de sa collaboration à des séries animées, il travaille pour le magazine EasyRiders en France dans lequel il publie déjà de la bande dessinée. Aux Etats-Unis il collabore avec Jim Farnum (de la fameuse NASCAR) et WinterSun Media Arts Magazine pour lesquels il croque de capiteuses pin-ups vintage, se vautrant parfois lascivement sur divers véhicules chers aux dites callipyges coquines. En 2019, un article et des images à ce sujet est prévu dans le numéro hors-série de Blandice Magazine.

Enseignant en arts appliqués à l’URMA Léon Legros de Sainte-Clotilde, il anime depuis 15 ans un atelier d’auteurs à l’Université de La Réunion (Saint-Denis), d’où sont sortis Affif Ben Hamida, Patrice Bavoillot (Nogard), Alexandre Morellon (Castan) et plus récemment Staark pour Redskins tous publiés aux éditions Des Bulles dans l’Océan.

Il publie chez Delcourt la série d’heroïc-fantasy Dwarf, bande dessinée complète en quatre tomes et saluée par la critique des plus importants sites de référence BD autour du sujet. (bdeovore.com, PlanetBD.com…). Durant la série, il trouve aussi l’inspiration pour un roman en deux opus, Le monde de Ÿar, aux éditions Orphie.

En 2016, il rencontre en vrai Alena Sizlo, après dix ans passés à échanger avec elle sans la connaître, des écrits sur le mode du discours courtois sur un monde qu’ils ont créé en commun. Elle devient sa compagne, dans la vie comme aux commandes des prémices du monde d’Elundhaäl. Personne ne saurait dire d’où elle vient ni ce qu’elle aurait fait avant mais ils se rejoignent et se chevillent inextricablement autour de nombreuses passions communes, comme le discours de l’amour courtois médiéval, la fantasy, le stylisme de mode vintage ou la moto. De leur indéfectible amour, nait enfin l’univers d’Elundhaäl, et de leur collaboration naît la série De roche & de sève, dont le premier tome est sorti en mars 2019 chez Des Bulles dans l’Océan. Cette dernière série de bande dessinée de fantasy est tirée de leur histoire vraie et est prévue en quatre albums.

Ils coulent aujourd’hui des jours heureux sur l’Île de la Réunion où ils se chérissent et œuvrent à l’écriture de leur histoire, à la création de leurs atours, bien à l’abri entre les flancs de roche volcanique recouverts de forêts primaires, et face à l’océan Indien et ses odieux couchers de soleil.

Il est invité régulièrement dans les salons comme le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD), les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, le Quai des Bulles de Saint-Malo ou le Cyclone BD de Saint-Denis de La Réunion à plusieurs reprises, mais également au Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port). En 2017, il est lauréat du grand prix de la ville de Saint-Denis au Cyclone BD – Festival international de la bande dessinée de l’océan Indien pour l’ensemble de son travail. Il doit réaliser l’affiche du festival 2019 et en être le président d’honneur.

De roche et de sève – Tome 1 – On ne nait pas elfe noire… (4ème de couverture)
Contre son gré, Sthannÿe Pheÿ monte sur le trône des Elfes, après la mort de son frère, décapité par le roi des Nains Wirkkin. Sombrant dans la noirceur, son premier acte sera d’entreprendre d’éradiquer l’engeance naine et son roi.
Mais leur première rencontre bouleverse leurs plans. Le roi des Nains renonce à la recherche du plus fabuleux trésor de l’histoire d’Elundhaäl, celui du dieu-roi Nordemir Dent-De-Forge, et la reine Elfe renonce au trône de son peuple pour porter son enfant: au premier regard ils se sont voués amour éternel.
Quelle magie les a-t-elle liés ainsi ? L’héritier des deux royaumes aura- t-il le temps de naître et de réclamer son dû ? Les Nains et les Elfes leur laisseront-ils le temps de trouver des réponses ?
Tolkien n’a pas osé. Alena Sizlo et Shovel, si !

Prix et distinctions
2017 Grand prix de la ville de Saint-Denis au Cyclone BD – Festival international de la bande dessinée de l’océan Indien pour l’ensemble de son travail

Manifestations
2018 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Saint-Leu – La Réunion)
2017 Cyclone BD – Festival international de la BD de l’océan Indien (Saint-Denis de La Réunion)
2017 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2016 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port – La Réunion)
2015 Cyclone BD – Festival international de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2015 Les Futuriales – Festival des littératures imaginaires d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
2015 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2014 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port – La Réunion)
2013 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2013 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2012 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port – La Réunion)
2012 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2011 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2010 Quai des Bulles – Festival de la bande dessinée et de l’image projetée de Saint-Malo (Ille-et Vilaine)
2010 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port – La Réunion)
2009 Festival international du livre et de la bande dessinée de Saint-Denis de La Réunion
2009 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2008 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port – La Réunion)
2008 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2007 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2007 Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens (Somme)
2007 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2005 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2003 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
2001 Cyclone BD – Festival international du livre et de la bande dessinée (Saint-Denis de La Réunion)
1989 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)

Philippe PELAEZ

Scénariste de bande dessinée

 Site de Philippe Pelaez - De bruit et de fureur
 Facebook de Philippe Pelaez
 capitainavie@yahoo.fr

Professeur d’anglais sur l’île de La Réunion, Philippe Pelaez, né en 1970, se lance dans l’écriture de scénarios un peu par hasard, et publie sa première bande dessinée en 2015, dans la maison d’édition réunionnaise Des Bulles dans l’Océan (Gaultier de Châlus et Fièvre).
S’essayant au financement participatif avec les séries Oliver & Peter et Parallèle, il signe un récit chez Casterman (Un peu de tarte aux épinards, avec Javier Casado), et d’autres projets à paraitre : chez Grand Angle (Puisqu’il faut des hommes, avec Victor Pinel ; Dans mon village on mangeait des chats, avec Francis Porcel), Glénat (Quelque chose de froid, avec Hugues Labiano), Ankama (Maudit sois-tu avec Carlos Puerta, De Bruit et de Fureur avec Federico Ferniani), et Soleil (L’Enfer pour Aube, avec Tiburce Oger).

Maudit sois-tu – Tome 1 – Zaroff (Présentation du prochain album, sortie prévue le 13 septembre 2018)
2017, un homme est retrouvé mort dans les égouts de Londres. L’enquête se dirige rapidement vers la petite amie du défunt, car leur liaison a été arrangée par leur employeur commun, Nicholas Zaroff. Ce mystérieux oligarque russe n’a en fait qu’un seul but : se venger de ceux qui, 170 ans auparavant, ont causé la perte de son aïeul. Pour y parvenir, il va réunir leurs quatre descendants et les traquer dans une vaste chasse à l’homme…

Manifestations
2019 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2018 Festival BD Des bulles et des volcans de Lezoux (Puy-de-Dôme)
2018 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2017 Cyclone BD – Festival international de la BD de l’océan Indien (Saint-Denis)
2017 Salon du livre Athéna de Saint-Pierre
2017 Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)
2016 Quai des Bulles – Festival de la bande dessinée et de l’image projetée de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
2016 Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien (Le Port)

Sully ANDOCHE

Conteur et auteur

 pikabary@gmail.com
 tabwet@yahoo.fr

C’est dans le quartier de Saint Jacques à Saint Denis de La Réunion que Sully Andoche a koupé son zonbri1 et passe toute son enfance.
Nous sommes dans les années soixante. La modernité est encore timide et la rue appartient aux enfants. Dans une ambiance bruyante, grouillante même, les cris, les jeux, les disputes sur fond de moukataz1, font partie du quotidien.
Le soir venu, sous le lampadaire de la rue Sainte Marie, on se raconte des histoires. Celles qui font peur sont les préférées. Afin de convaincre son auditoire d’un soir, on rajoute un détail fantastique à l’histoire de la veille qui avait connu un succès pour le moins mitigé. Raconter devient un défi, improviser en racontant, une nécessité quasi vitale si le rakontèr ne veut pas mourir aux yeux des autres.
Il n’a pas connu de conteurs patentés, plutôt présents dans les veillées mortuaires (interdites aux faibles tempéraments d’enfants). Juste le souvenir d’un Grandyab la fès an or raconté en boucle par Pépé Apollon son grand père.
Mais Sully dévore surtout des oreilles et des yeux les zistwar fé pèr de cimetières et d’invisibles. De dévinèr3 aussi ; ceux qui transforment à l’envi les feuilles d’arbre (celui du jacquier donne les meilleurs résultats) en billets craquants de 1000 francs CFA. Je le jure devant la lumière qui m’éclaire et que Dieu m’écrase en poussière si ma langue ramasse des mensonges et comment peux-tu contester une parole de granmoun4 ?
Toute histoire est parole et toute parole est vraie puisque c’est la bouche que Dieu a donnée qui l’a prononcée. Vraie comme l’histoire de cette nuit là où mémé Frédéa a vu son voisin, (homme de loi s’il vous plait !) se transformer en chat pour s’introduire dans la maison de l’autre voisin pour faire des choses que diable seul sait. Comment est-il entré ? Mais par la serrure voyons !
Dans les années 80, Sully donne de la voix avec ses dalon5 du groupe Ziskakan pour que la culture et la langue créoles soient reconnues. Les coupures de courant sont nombreuses et le matériel usagé n’en est pas vraiment la cause. Les censeurs du pas culturellement correct débranchent tout ce qui dépasse. Dans la pénombre, on envoie Sully au devant de la scène pour faire patienter. Tant qu’à faire, il raconte. Plus tard il contera, même quand le courant politique aura changé. Il contera dans les écoles, les kermesses, les kabar6… partout où la parole aura une oreille pour miroir.
Urgence de dire, urgence de rapporter, urgence de transmettre. Le conte, au même titre que le maloya il y a quelques années, mérite qu’on lui restitue la place qui est la sienne dans la culture réunionnaise. En passionné qu’il est, Sully, comme d’autres conteurs, s’y emploie tout modestement.

A moins de se retrouver dans un espace non créolophone, Sully raconte dans sa langue.
S’il se régale à mettre en bouche les contes traditionnels de La Réunion, de l’océan Indien et quelquefois d’ailleurs, il préfère s’amuser à imaginer des histoires, à inventer des légendes toutes aussi vraies les unes que les autres… puisque c’est son imagination qui les a fabriquées.
L’improvisation détient la part majoritaire dans son capital. L’humour en est un actionnaire non négligeable.
Pour lui, il n’y a pas (ou si peu) de contes pour adultes et de contes pour enfants. Il y a des contes que l’on raconte à des adultes et à des enfants. Aussi les thèmes variés de son répertoire se moquent des générations.
Les contes animaliers ont la part belle et parmi eux, les contes d’origine : Comment le crapaud est devenu crapaud ? Pourquoi le cochon est cochon ? …
Ses kriké-kraké accompagnés de jeux de mots et autres digressions, sont des portes par lesquelles le public est invité à entrer pour s’approprier une part de conte.

Depuis 2005, et à l’initiative de Daniel Honoré, il assure avec Anny Grondin, une formation d’initiation à l’art du conte.
Essentiellement en langue créole, il écrit avec Luc Rosello, une dizaine de pièces de théâtre pour Cyclones Production. Victoire Magloire dit Waro et Maskarad, deux pièces co-écrites avec Barbara Robert pour la Konpani Ibao, sont actuellement en programmation.

(1. est né – 2. moqueries – 3. sorcier, devin – 4 : adulte – 5. camarades – 6. concerts)