Sabena

Emmanuel GENVRIN. Gallimard – Continents Noirs. Roman. 2019. 9782072841743. Sélection Grand Prix du Roman Métis 2019 – Sélection du Prix littéraire de la Ville de de Caen 2019

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Gallimard – Continents Noirs
Emmanuel GENVRIN

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4ème de couverture
Ainsi, Radio Cocotier disait vrai : Faïza, la première épouse de cet alcoolique d’Aboucar, avait été la maîtresse de Bob Denard, et Bibi, la mère de Chati, le fruit diabolique de cette union!»
Bibi, célèbre « reine de l’arnaque » à La Réunion, a de qui tenir. Calculatrice, belle comme une sultane de mille et trois nuits, elle est aussi une jeune femme fragile, mystérieuse, la proie de démons intérieurs. Ballottée entre Afrique et Occident, entre islam et christianisme, Bibi est la fille cachée du fameux mercenaire et d’une «Sabena», lycéenne rescapée des massacres anticomoriens de 1976 à Majunga (Madagascar). Abandonnée par sa propre mère, Bibi a laissé derrière elle, à Mayotte, une enfant, Chati, belle et délurée, qui rêve de lui ressembler… Et c’est dans un terrible et voluptueux suspense que nous suivons le destin croisé de ces trois femmes frôlant la folie.
Après Rock Sakay (2016), Emmanuel Genvrin confirme, dans ce deuxième roman fondé sur des faits et des personnages réels, ses dons de romancier. Il nous plonge ici dans le grand désordre postcolonial des Comores, de Mayotte, de La Réunion et de Madagascar, avec son sens habituel de l’humour et son acuité dans l’observation des travers humains et des bouillonnements furieux de l’Histoire.

Une année lumière

Nathacha APPANAH. Gallimard. 2018. Chroniques. 9782072819896

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4ème de couverture
« Où vont ces milliers de choses qui semblent nous occuper tout entier, dont on est persuadé qu’elles vont déterminer le reste de nos jours et qui, soudain, disparaissent? Où vont ces émotions qui nous gonflent le cœur comme des ballons? Pourquoi inventons-nous des robots alors que nous devrions inventer des cloches à souvenirs, des attrape-émotions, des filets bien serrés pour préserver ces petits riens qui tressent une vie? En attendant, je suppose, il nous reste les livres pour nous rappeler qui nous étions… »
La Croix. Elle y évoque son enfance à Mayotte, la vie sur l’île Maurice, la langue indienne de ses parents et ancêtres qu’elle parlait avec sa grand-mère. Elle y dénonce les méfaits de la mondialisation, le sort fait aux migrants, les questions répétées sur ses origines et les regards appuyés sur sa couleur de peau. Elle s’y inquiète de la montée des extrêmes et se souvient des 1500 juifs débarqués et emprisonnés à Maurice en 1940, presque tous morts en détention. Elle y parle aussi, bien entendu, de son métier d’écrivain et de traductrice, des oubliés de la rentrée littéraire, de la place qu’occupent les livres dans sa vie, de Primo Levi qu’elle relit justement, etc. N’importe le sujet, Nathacha Appanah est toujours juste, sensible, avisée, délicate et pleine de compassion. Humaniste et féministe, elle s’efforce de comprendre et de ne pas juger. L’ensemble apporte un éclairage très intéressant sur la personnalité de l’auteur et sur les sources de son écriture.

Petit éloge des fantômes

Nathacha APPANAH. Gallimard – Folio 2 € n° 6179. Nouvelles. 2016. 9782070465910

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4ème de couverture
« Oh, je sais que Lili n’est pas vraiment là, que c’est mon esprit qui me “joue des tours” comme le dit le docteur C., mais pourquoi devrais-je arrêter ce réchauffement du corps, cet afflux de sang au cerveau, ce boum boum du cœur, ce fourmillement agréable dans les doigts, ce “ah te voilà” que je lui lance avec ma voix d’avant, ma voix claire de sœur? Pourquoi devrais-je refuser cette vie-là, que les autres appellent délire, fantômes, hallucinations mais qui est ma version à moi du vivant, du présent, du palpable, du survivable ? »