Archives de catégorie : Mayotte (France)

Yssouf NAIFFOUDDINE

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Né en 1985 à Ongojou (Les Comores), Yssouf Naiffouddine grandit au cœur de son village, dans l’ombre d’un père qui veillait sur lui comme on veille sur une flamme fragile, redoutant qu’elle ne vacille sous les vents mauvais. À Liwara, dans la grande région du sud d’Anjouan (Comores), il fait ses premières armes au collège, avant de rejoindre l’école privée Intelligentsia, à Mutsamudu. Là, il découvre, au détour des cours et des rues, la gangrène silencieuse de la haine, ce poison lent qui ronge les îles de l’intérieur.
C’est alors que la lecture devient pour lui une urgence vitale. Il préfère sauter des repas plutôt que de renoncer à un livre. Dans les pages noircies, il rencontre les géants de la littérature africaine, s’initie à la philosophie, et commence à bâtir son propre chemin, loin des sentiers battus.
Son baccalauréat en poche, il poursuit des études universitaires aux Comores puis à Madagascar. Ses lectures changent : elles s’alignent désormais sur ses questions intimes, celles qui tournent en boucle – qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? De retour aux Comores, le réveil est brutal : les illusions tombent. Il se bat pied à pied pour décrocher une bourse de l’ Agence universitaire de la Francophonie (AUF), et s’envole enfin pour l’université de La Réunion, où il entame une thèse. Mais le destin, cabossé et têtu, lui impose une bifurcation : obligé d’interrompre ses études, il traverse l’océan pour la France.
À Belfort, il décroche un premier poste dans un collège, avant de poser ses valises dans l’Ain, enseignant ici et là, de ville en ville, d’élève en élève. Aujourd’hui, son cœur navigue entre Mayotte depuis 2023 et La Réunion, cette île qu’il porte en lui comme un morceau d’azur.
Très jeune, Yssouf Naiffouddine se frotte à l’écriture. Au lycée, il aligne ses premiers poèmes, les cisèle avec le temps, jusqu’à publier le recueil Il n’y a de sultan que Satan. Il est aussi l’auteur d’ ????, un roman policier haletant, d’un roman coup-de-poing sur le multiculturalisme réunionnais et de nouvelles Les contes de la Lune (KomEdit), une quête d’écriture où se mêlent errance et révolte.
Au nom de Langue Cassée, et d’un texte né pendant la pandémie, qu’il s’apprête à offrir au monde sous le titre Ocytocine.
À travers ses œuvres, il ne cesse de sonder l’identité, la mémoire, les croyances importées qui ont fait plier les traditions ancestrales, et les blessures politiques de ses deux patries : les Comores, où il est né, et la France, où il s’est réinventé.

Les chants de la Lune (4e de couverture du dernier ouvrage)
Traqué par les siens, chassé par la Lune, le narrateur échappe de justesse au lynchage avant de s’exiler dans l’étreinte vorace du désert. Mais ici, l’oubli rôde, affamé. Chaque pas l’efface un peu plus, chaque rafale l’amenuise. Il vacille entre errance et révolte, hanté par le spectre d’un mirage insaisissable.
Face à l’astre implacable, il se dresse. Il maudit la Lune, l’accuse, lui livre un combat perdu d’avance.
Car elle règne en tyran, broyant les âmes sous son éclat funeste, imposant son emprise aussi bien sur l’archipel qui porte son nom (les Comores) que sur l’infini désertique
Mais une voix s’élève, dernière lueur dans la nuit.
Un chant fragile et indomptable, un cri d’exilé défiant la « poésie de la Lune ».

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25/04/2025

Deux coeurs dans mon corps

Na HASSI. Éditions Project’îles – Roman ‘ Tantara. 2025. Roman. 9782493036322. Prix Vanille – Oeuvre de fiction 2025

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4e de couverture
Je suis Marao . J’ai grandi dans un ventre qui n’a pas voulu de moi. Entre sauver sa vie et la mienne, ma mère a choisi les deux. J’ai été élevée par ma grand mère. J’ai vécu dans l’ombre, j’ai toujours été une ombre. Il m’a fallu des années pour le comprendre. Pour me comprendre. »
Marao est née d’une mère à peine sortie de l’enfance et qui a subi l’innommable. Entre tabous et non-dits, elle grandit auprès de sa grand-mère qui lui apprend l’art de la vie, cette reconstruction de soi sans arrêt nécessaire et qu’il faut apprivoiser. Marao doit nous parler, elle est multiple mais n’est qu’une ombre, son être s’est dissocié dans les silences de sa mère. Na Hassi nous convie à ce miracle que sont les voix de femmes qui s’entremêlent et se murmurent les unes aux autres pour reconstruire la beauté et se transmettre, dans leur âpre douceur, les vérités. Le récit de Marao, de sa grand-mère et de sa mère se tisse à travers les lettres et confessions, la vérité apparaît ainsi doucement, brutale, cruelle, et lumineuse.

Ayat HAMIDOUNE

Auteure

ayathamidoune@gmail.com
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Ayat Hamidoune fait partie de cette jeunesse mahoraise qui donne espoir. Accepter la réalité d’une vie difficile, trouver ses valeurs et se battre pour les défendre, voilà ce que cette jeune fille offre comme exemple dès qu’elle sort de l’adolescence. À seulement 18 ans, Ayat Hamidoune se livre et lève le voile, sans tabou, d’une réalité au goût « amer » pour une meilleure reconnaissance des droits des femmes, une sensibilisation à la sexualité et une éducation des jeunes plus responsable.

Nyongo – La face cachée de Mayotte (4e de couverture du dernier ouvrage)
Amina, jeune mahoraise de quinze ans, fait sa rentrée au Lycée des Lumières, à Mamoudzou. Elle y retrouve Hélène et Karim, ses meilleurs amis au village. Ensemble, ils symbolisent une jeunesse qui se questionne sur la société dans laquelle elle vit. Leur amitié sera mise à rude épreuve lorsque la vie d’Amina bascule violemment…
Au-delà de l’histoire de ces trois adolescents, Nyongo dépeint une fresque sociale de ce département français le plus jeune de France : délinquance juvénile, pression de la réussite scolaire, conflits générationnels, injustice, violence envers les femmes, place de la religion…

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19/09/2024