Thérèse BAILLIF

Militante et auteure

 therese.baillif@wanadoo.fr

Née le 24 août 1930 aux Avirons, dans une famille modeste de La Réunion (alors colonie française), Thérèse Lucas est la fille d’Émile Lucas et de Jeanne Payet. Mariée à Renaud Baillif, elle est mère de deux enfants.
Après des études secondaires au lycée Juliette Dodu à Saint-Denis (baccalauréat 1re partie), elle suit des formations en droit public, droit privé et droit du travail à l’université de La Réunion, complétées par des stages en relations humaines et en éducation à la vie.

Thérèse Baillif est surtout connue comme une militante catholique de l’écoute et de la reconnaissance de l’autre.

Après une vie déjà riche d’engagements associatifs (AFAR, AMAFAR-EPE, fédérations contre les violences), Thérèse Baillif fonde en septembre 2008 le Collectif pour l’Élimination des Violences Intrafamiliales (CEVIF), dont elle devient la première présidente.
À plus de 78 ans, elle fait de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants le combat central de ses dernières décennies d’engagement. Militante catholique de l’écoute et de la reconnaissance de l’autre, elle place au cœur de son action l’accompagnement concret des victimes, en insistant sur leur dignité et sur la nécessité de les considérer non comme des « victimes collatérales », mais comme des personnes à part entière.
Innovations et actions phares du CEVIF sous sa présidence :
• Mise en place précoce (dès 2004, dans la continuité de ses actions antérieures) d’un numéro vert d’écoute et d’urgence fonctionnant 24 h/24.
• Accompagnement des victimes lors du dépôt de plainte : le CEVIF innove en proposant la présence systématique d’une travailleuse sociale aux côtés des femmes qui se rendent au commissariat ou à la gendarmerie.
• Mise en œuvre de taxis conventionnés (pris en charge par le Département) pour extraire rapidement les femmes et leurs enfants d’un environnement violent.
• Sensibilisation et formation des forces de l’ordre (gendarmerie et police) pour améliorer l’accueil et la prise en compte des victimes.
• Travail en réseau avec d’autres associations, institutions et élus (notamment aux côtés de Nassimah Dindar et du Conseil départemental).
Thérèse Baillif a présidé le CEVIF pendant de nombreuses années avec une énergie remarquable, même à un âge avancé (elle était encore active à plus de 84 ans en 2015, et au-delà). Elle en est aujourd’hui présidente d’honneur. Le Département de La Réunion lui a d’ailleurs rendu hommage à plusieurs reprises et a créé le prix Thérèse Baillif pour récompenser les actions en faveur de l’égalité et contre les violences.
Ce combat, qu’elle qualifie parfois de « cheval de bataille » de sa vie, s’inscrit dans sa vision plus large : défendre l’égalité homme-femme, protéger les familles et faire évoluer les mentalités dans la société réunionnaise.

Passe encore te bâtir…

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10/08/2026

Passe encore de bâtir…

Thérèse BAILLIF. L’éclipse du temps – Passe encore de bâtir… Autobiographie. 2026. 9782379800276

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L’Eclipse du temps
Thérèse BAILLIF

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4e de couverture

Thérèse Baillif n’a jamais su rester à sa place, celle d’une simple fille de la campagne qui lui était échue dès sa naissance. Surmontant une destinée qui aurait pu être banale, par sa volonté indestructible, son intelligence acérée et ses engagements professionnels et sociaux dépourvus de toute restriction, sa personnalité généreuse s’est imposée dans notre société. Les femmes réunionnaises d’aujourd’hui doivent largement à ses actions la conquête de leur égalité relative avec les hommes et une bonne part des mesures d’alerte et de protection contre une certaine violence masculine.

Dans ce témoignage édifiant cependant, sa réserve et sa lucidité
la conduisent constamment à éviter l’apologie naïve de la liberté
de la femme émancipée. Au contraire, elle affirme la nécessité
d’un combat ininterrompu, fragile et insatisfaisant, pour le respect
réciproque, la non-violence et la dignité dans les couples, les
familles et la société.

Aucune bonne conscience bourgeoise chez Thérèse Baillif,
seulement l’ardent travail à éveiller les consciences, jusqu’au
bout, et refuser résolument d’être l’icône qu’on a voulu faire d’elle. Et dans cette transmission sensible à ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, sous la plume d’Emilie son second prénom, accepter juste d’incarner l’idéal d’être soi dans sa simple vérité.

A.J.