Se donner un genre

Daniel LAURET. Orphie – Différences. 2022. Roman – Poésie – Conte. 9791029805318

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4ème de couverture
Se donner un genre : une expérience transculturelle entre Madagascar et la banlieue lyonnaise, un récit transtextuel entre le créole et le français, le roman et la poésie, un kont’ qui vient questionner une transition du masculin au féminin.
Le genre touche au corps.
Il touche aussi à la langue.
Il coupe des deux côtés à la fois.
Et si la transition pouvait opérer au niveau symbolique ?

Ce texte traite de la question du genre, un sujet encore largement tabou mais qui a fini par s’imposer dans le débat social contemporain. Qui n’a rencontré aujourd’hui, chez ses amis, parmi ses élèves, dans sa famille, primaire ou recomposée, proche ou élargie, un jeune, remettant en cause son genre d’appartenance ? Dans le même temps, relayée par la puissance des réseaux sociaux – véritable accélérateur d’opinion – la littérature autobiographique émanant de sujets racontant leur transition de genre ne manque pas de s’exprimer au grand jour. Ce kont’ réunionnais fera voyager le lecteur entre Madagascar, la banlieue lyonnaise et La Réunion des années 60, un kont’ tissé dans l’entre-deux d’une culture créole et française. Ce récit permet de repenser notre culture du genre, de déboulonner le statut du Mâle, de revisiter les représentations masculines. Se donner un genre n’est pas pour autant un pousse à trans (apologie).

Féminitude

Daniel LAURET. Orphie – Différences. 2020. Roman et conte. 9791029803697

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4ème de couverture
Par analogie avec la notion de « négritude », Simone de Beauvoir pose celle de « féminitude » : elle veut désigner par là un ensemble de qualités acquises dans l’oppression (Encyclopaedia Universalis). Daniel LAURET nous livre ici un conte : Notre drame des laves et un roman, L’épreuve de l’amour, des textes qui racontent l’histoire de quatre femmes, de quatre grossesses indésirées. Angèle, Man Toinette, Charlotte, peuvent-elles faire autrement que de les subir ? Sylviane fera, pour sa part, le choix d’une IVG.

Extrait : Il m’est doux de penser, aujourd’hui, que mon hôte en aura profité pour filer. Comme une étoile. Je ne lui en veux pas. Je ne pouvais pas prendre la responsabilité d’un Petit Prince. L’avion était en panne et le pilote n’était pas là pour lui dessiner un mouton. Il valait mieux, pour nous deux, qu’il retrouve sa planète, son baobab, sa fleur.

Considérations historiques et médicales sur l’état de l’esclavage à l’île Bourbon (Afrique) suivi du testament de Madame Desbassayns

Jacques MORIZOT – Daniel LAURET. Orphie – Les introuvables de l’océan Indien. 2017. Documentaire. 9791029802133

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4e de couverture
« Total de l’estimation des noirs attachés à la propriété de Saint-Gilles, au nombre de deux cent quatre-vingt-quinze, la somme de quatre cent vingt-huit mille cent cinquante francs. » « Total de l’estimation des noirs de Bernica, au nombre de cent onze, la somme de cent cinquante et un mille sept cent cinquante francs. » Madame Desbassayns cède à ses enfants un patrimoine où sont tragiquement confondus le matériel et l’immatériel, les hommes et les animaux, le quantifiable et ce qui n’a pas de prix : la vie humaine. Vénus, Pompée, Pacape, Généreuse, Adonis, Fidèle, Janvier, Hercule, Léveillé, Parfait, Mercredi, Sénateur, Mardi, Lafortune, Modeste, Caprice, Charlemagne, Fanchinboiteux, Malo-sourd… elle transmet à ses héritiers une marchandise rationnellement étiquetée. L’inventaire de ses 406 esclaves est-il autre chose qu’une liste de « sans nom » si l’on considère que la lignée a été brisée, le nom des ancêtres effacé ?
Joseph Morizot ne donne pas de nom mais il donne corps, un corps meurtri, aux esclaves qu’il aura sans doute visités dans « l’hôpital » attaché à l’habitation des Desbassayns, des hommes et des femmes victimes de la violence ordinaire des colons.
L’un et l’autre lèguent à la postérité une immense photographie, en Noir et Blanc, du système esclavagiste. Un système, c’est-à-dire une organisation, des pratiques, un discours. A travers ces deux textes, l’esclavage dépasse l’imagerie pour devenir une réalité concrète et douloureusement sensible.
L. D. et M. D.