Sak gramoun té pokor di – Tousa pou di aou : Ala détrwa provèrb èk sirandane kréol

Sully ANDOCHE. Éditions K’A – Astèr. Nouvelles. 2020. 9782491160036

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Le dispositif de Sak Gramoun té pokor di a été élaboré, à l’initiative de son auteur, sur le modèle des « cafés suspendus » : un livre acheté = un livre offert (à offrir à son tour !). Et si l’on a bien affaire à un ouvrage de traditions littéraire et culturel, les nouvelles technologies y ont aussi leur place : un QR Code a été inséré dans chaque ouvrage, et renvoie le lecteur à un site Internet où ils auront accès à la version audio des proverbes mis en voix par l’auteur et ses dalons.
Livre à lire, livre à écouter : Sak Gramoun té pokor di est assurément un ouvrage qui saura captiver un large public tant la verve et la gouaille de Sully Andoche gagnent le cœur et l’esprit.

Présentation de l’éditeur
Pour sa rentrée littéraire, les Editions K’A ont l’honneur de présenter le dernier ouvrage de Sully Andoche, Sak Gramoun té pokor di, conçu comme une marque de respect et de gratitude envers Daniel Honoré (1939-2018). On le savait homme de théâtre et conteur, voici que Sully Andoche nous dévoile un autre de ses talents avec un recueil de 114 proverbes créés de toute pièce, et encadrés par 20 sirandanes. Il s’agit d’un livre de traditions, mais aussi de mémoires à la fois oratoire, morale, linguistique et livresque, tant le recueil a été pensé à la lumière de l’œuvre honorienne comme un hommage et un dialogue.
S’inscrivant dans la tradition des contes et des fables, Sully Andoche voit dans chaque proverbe l’occasion de mettre en relief les mécanismes humains, non sans un trait d’humour, à la fois tendre et féroce. Sorte de mise en garde contre nos imperfections et nos insuffisances, l’ouvrage fait surtout la part belle aux valeurs qui unissent les êtres humains, parmi lesquels l’amour – sous toutes ses formes – occupe une place de choix !

Sully ANDOCHE

Conteur et auteur

 pikabary@gmail.com
 tabwet@yahoo.fr
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C’est dans le quartier de Saint Jacques à Saint Denis de La Réunion que Sully Andoche a koupé son zonbri1 et passe toute son enfance.
Nous sommes dans les années soixante. La modernité est encore timide et la rue appartient aux enfants. Dans une ambiance bruyante, grouillante même, les cris, les jeux, les disputes sur fond de moukataz1, font partie du quotidien.
Le soir venu, sous le lampadaire de la rue Sainte Marie, on se raconte des histoires. Celles qui font peur sont les préférées. Afin de convaincre son auditoire d’un soir, on rajoute un détail fantastique à l’histoire de la veille qui avait connu un succès pour le moins mitigé. Raconter devient un défi, improviser en racontant, une nécessité quasi vitale si le rakontèr ne veut pas mourir aux yeux des autres.
Il n’a pas connu de conteurs patentés, plutôt présents dans les veillées mortuaires (interdites aux faibles tempéraments d’enfants). Juste le souvenir d’un Grandyab la fès an or raconté en boucle par Pépé Apollon son grand père.
Mais Sully dévore surtout des oreilles et des yeux les zistwar fé pèr de cimetières et d’invisibles. De dévinèr3 aussi ; ceux qui transforment à l’envi les feuilles d’arbre (celui du jacquier donne les meilleurs résultats) en billets craquants de 1000 francs CFA. Je le jure devant la lumière qui m’éclaire et que Dieu m’écrase en poussière si ma langue ramasse des mensonges et comment peux-tu contester une parole de granmoun4 ?
Toute histoire est parole et toute parole est vraie puisque c’est la bouche que Dieu a donnée qui l’a prononcée. Vraie comme l’histoire de cette nuit là où mémé Frédéa a vu son voisin, (homme de loi s’il vous plait !) se transformer en chat pour s’introduire dans la maison de l’autre voisin pour faire des choses que diable seul sait. Comment est-il entré ? Mais par la serrure voyons !
Dans les années 80, Sully donne de la voix avec ses dalon5 du groupe Ziskakan pour que la culture et la langue créoles soient reconnues. Les coupures de courant sont nombreuses et le matériel usagé n’en est pas vraiment la cause. Les censeurs du pas culturellement correct débranchent tout ce qui dépasse. Dans la pénombre, on envoie Sully au devant de la scène pour faire patienter. Tant qu’à faire, il raconte. Plus tard il contera, même quand le courant politique aura changé. Il contera dans les écoles, les kermesses, les kabar6… partout où la parole aura une oreille pour miroir.
Urgence de dire, urgence de rapporter, urgence de transmettre. Le conte, au même titre que le maloya il y a quelques années, mérite qu’on lui restitue la place qui est la sienne dans la culture réunionnaise. En passionné qu’il est, Sully, comme d’autres conteurs, s’y emploie tout modestement.

A moins de se retrouver dans un espace non créolophone, Sully raconte dans sa langue.
S’il se régale à mettre en bouche les contes traditionnels de La Réunion, de l’océan Indien et quelquefois d’ailleurs, il préfère s’amuser à imaginer des histoires, à inventer des légendes toutes aussi vraies les unes que les autres… puisque c’est son imagination qui les a fabriquées.
L’improvisation détient la part majoritaire dans son capital. L’humour en est un actionnaire non négligeable.
Pour lui, il n’y a pas (ou si peu) de contes pour adultes et de contes pour enfants. Il y a des contes que l’on raconte à des adultes et à des enfants. Aussi les thèmes variés de son répertoire se moquent des générations.
Les contes animaliers ont la part belle et parmi eux, les contes d’origine : Comment le crapaud est devenu crapaud ? Pourquoi le cochon est cochon ? …
Ses kriké-kraké accompagnés de jeux de mots et autres digressions, sont des portes par lesquelles le public est invité à entrer pour s’approprier une part de conte.

Depuis 2005, et à l’initiative de Daniel Honoré, il assure avec Anny Grondin, une formation d’initiation à l’art du conte.
Essentiellement en langue créole, il écrit avec Luc Rosello, une dizaine de pièces de théâtre pour Cyclones Production. Victoire Magloire dit Waro et Maskarad, deux pièces co-écrites avec Barbara Robert pour la Konpani Ibao, sont actuellement en programmation.

(1. est né – 2. moqueries – 3. sorcier, devin – 4 : adulte – 5. camarades – 6. concerts)

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Digdig mon bertèl – Chatouille ma besace

Anny GRONDIN – Sully ANDOCHE – MOUNAWAR (Texte) – Moniri M’BAÉ (Illustrations). Zébulo Éditions. Album jeunesse. 2019. 9791096163052

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Digdig mon bertèl, dodan ou va trouv sis zistwar.
Nana i sort la Réunion, nana i sort Komor (Anjouan), nanna sé zistwar tradisyonèl nanna sé zistwar invanté.
Nana d’zafèr i éspas ant in pésèr èk son madam, ant trwa sèr, ant in gran mèr èk son ti garson, ant tout la famille Kapul, ant in ti fi Salsal èk son bann frèr, ant in papa èk son zanfan.
Chatouille ma besace, à l’intérieur tu trouveras six contes. Certains viennent de La Réunion, d’autres d’Anjouan. Certains viennent des anciens, d’autres ont été créés et inventés.
Il s’en passe des choses entre le pêcheur et sa femme, entre les trois soeurs, entre la grange-mère et son petit-fils, entre Salal et ses frères, entre le père et son enfant.
Un livre pour créer des points entre des cultures voisines qui se méconnaissent.
Des contes pour favoriser des retrouvailles entre des gens qui viennent d’horizons divers.
Une association pour tisser des liens entre des univers artistiques qui se côtoient.

Un livre CD avec 6 contes de La Réunion et des Comores.
Livre trilingue créole réunionnais/anjouanais/français.
Un projet de l’association Solidarités Cultures avec pour les contes Anny Grondin, Sully Andoche et Mounawar et pour les illustrations Moniri M’Baé

Dans mon soubik – Volume 2 – Contes de La Réunion et de Maurice

Anny GRONDIN – Sully ANDOCHE – Shenaz PATEL (Texte) – LAVAL NG (Illustrations). Epsilon Éditions – Epsilon jeunesse. Album jeunesse. 2011. 9782912949424

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Petit Jean est le héros d’histoires que l’on raconte depuis fort longtemps lorsque vient le soir, dans certaines îles du sud-ouest de l’océan Indien.
Ce second album de la collection « Dans mon soubik » permet de découvrir deux contes traditionnels de cette région du monde : « Petit Jean joueur de cartes » un conte de l’île de La Réunion et « La queue de boeuf de Petit Jean » un conte très apprécié à l’île Maurice.
Kriké, kraké ! Sirandann ? Sanpek !