Rougay le mo

Valérie MAGDELEINE-ANDRIANJAFITRIMO – Françoise SYLVOS (Direction) – Collectif. Éditions K’A – Astèr. Poésie. 2008. 9782910791629

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Éditions K’A
Boris GAMALEYA
Stéphane HOARAU
Céline HUET
Jean-Louis ROBERT

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4ème de couverture
Sous un format de voyage, les pages réunionnaises et mauriciennes de ce recueil s’envolent vers et d’un ailleurs multiples. C’est sous le signe de l’hybridité, entre réel et imaginaire, écrit et oralité, français et créole que Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo et Françoise Sylvos ont voulu rassembler ces textes, tous « lieu d’un questionnement sans cesse renouvelé ». Elles ont su faire dialoguer des « auteurs confirmés » avec des « amateurs éclairés » sans chercher à cacher la complexité d’un corpus variés aux approches multiples. Ces pages offertes par des « Métropolitains vivant à La Réunion (ou retournés en Métropole), Réunionnais, Réunionnais vivant en France, Mauricien vivant à La Réunion » sont une invitation à un concert de langues plurielles introduit par les propos liminaires de Magdelaine-Andrianjafitrimo et Sylvos d’un « PADPORT » sans nécessité de passeport pour le lecteur. Nul besoin d’être Réunionnais ou Mauriciens pour apprécier ces poèmes, comptes-rendus, fables, dialogues, monologues qui traversent le temps (de 1947 à 2008) et les espaces : de la Rivière Saint-Louis au folklore slave, du pays natal au voyage.
Il faut donc accepter cette « CHUTTT……… LIBRE ! » comme le propose Nikola Raghoonauth, qui est tout sauf silence, mais une voix qui fait écho au passé pour en révéler les noeuds : « Des mots dits tirent sur l’histoire/ Et l’Histoire tire ses maux ».
C’est bien une chute libre et acceptée dans les mots, leur histoire et leurs sonorités à laquelle nous convie également André Robèr et ses piments, ou encore dans le rhum de la mémoire de Françoise Sylvos, les mots trompeurs, mensongers, tout autant que palabreurs, blagueurs et raconteurs se racontent et se rencontrent chez Patrice Treuthardt.
Les formes se libèrent, comme le « Sonnet un peu païen » et quelque peu frivole de Boris Gamaleya, ou encore les liens internet, les unités de gravitation et autres mesures, sans oublier les prévisions météorologiques dessinées qui trouvent leur présence chez André Robèr, ou la peinture avec Stéphane Hoarau.
Les langues se lient pour se délier : elles appellent à l’écrit avec Claire Karm et son « Ecris-moi, Léa » qui possède « un petit livre avec de grandes racines », « un livre vivace, un lierre », entre ciel et terre, eau et terre, tendresse et recherche : elles se cherchent en tant que « femme infame » chez Barbara Robert, entre silence et castration, sanglante et révoltée ; elles parlent de science-fiction, de voix caverneuses et menaçantes, électroniques et domotiques avec Séverine Vidot et ses « BOUF », « Woh », « clic » et « couic » et autres accessoires linguistiques : elles se font créoles chez Mathieu Minatchy ou Sergio Grondin, Vigile Hoareau, Céline Huet et Francky Lauret pour « i viv, i mor pa. I lir, i ékrir kréol ! », rythmées et codées pour lecteur francophone, ou décodées et bilinguées comme avec Carpanin Marimoutou.
Ces paroles se veulent « retour au pays natal » questionné, comme Mikael Kourto, ou détour cinématographique fictif pour Jean Lods « Le Retour (Esquisse d’un possible scénario) », ou encore « Monologue pour un petit d’homme écrit pour le comédien Arno Dormeuil » de Lolita Monga ou « Auto Dofé » chez Jean-Louis Robert, mais surtout rencontrent, dialogues, échanges retournés du détour, de l’humour, de l’amour. C’est donc sous un nouveau visage que le lecteur pourra se retrouver au fil des pages de ce recueil, y découvrir une littérature tracée et parlée généreusement démasquée. Un recueil simple mais vivant, à lire librement sans suite ni arrière pensées, sans lourdeur théorique et identitaire, sinon un nouveau souffle venu des Editions K’A.

Les auteurs
Céline HUET avec I viv, i mor pa. I lir, i ékrir kréol !
Jean-Louis ROBERT avec Auto dofé

Liev i sava bal… – Lièvre au bal

Axel GAUVIN (Texte) – Fabrice URBATRO (Dessins) – Boris GAMALEYA (Histoire recueillie et transcrite). Éditions Tikouti – Zistoir lontan pou marmay koméla. Album jeunesse. 2007. 9782916401041

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Éditions Tikouti
Boris GAMALEYA
Fabrice URBATRO

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4ème de couverture
Le roi donne un grand bal, réservé aux animaux à cornes. Le lièvre parvient à y entrer en se fabriquant des cornes en cire d’abeille. Hélas la cire a pour propriété de fondre à la chaleur.

Jets d’aile – Vent des origines

Boris GAMALEYA. Jean-Michel Place / Nouvelles Éditions Place. Poésie. 2005. 9782858938476

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4ème de couverture
Le Marché de la poésie, dédié à la poésie insulaire, accueille en invité d’honneur Boris Gamaleya. À cette occasion, les éditions Jean-Michel Place ont le plaisir de publier son dernier recueil, Jets d’aile – Vent des origines.
Né à La Réunion mais d’origine ukrainienne, Boris Gamaleya s’est façonné une langue poétique bigarrée, mêlant habilement le dialecte réunionnais, des termes ukrainiens à un vocabulaire érudit. Imprégné des charmes et des mystères de la nature, le poète est à l’affût d’associations inédites, insolites, où la musicalité l’emporte. Ainsi la nuit devient « Une tête de lune saupoudrée d’étoiles [qui] ne cesse de pencher (…) » ou encore c’est « En charpie [que] la mer effiloche ses ténèbres. »
Gamaleya célèbre dans ses poèmes, les mythes polyphoniques et constitutifs d’une créolité ouverte sur l’amour de l’Autre et plus jamais victime d’esclavage. Poète de l’harmonie, il n’en appelle pas moins au changement, voire à la révolte : « Sois autre encore et toujours ! », s’exclame-t-il, « Sois autre, enfance aux yeux limpides […] / l’enfer écaille les assassins ».
Jets d’aile nous plonge ainsi dans un univers coloré où le sens naît d’associations étranges et imprévisibles. Au lecteur de se laisser surprendre…

La poésie de Boris Gamaleya marque somptueusement son attachement à la langue française et elle ne va pas sans une certaine dimension babélienne, recourant, pour les besoins expressifs de telle ou telle phrase, au créole, au malgache, au russe, à l’anglais, au portugais et à bien d’autres langues naturelles, mais aussi a toutes sortes de créations verbales qui confinent aux langues de feu.
Dans les inflexions tour à tour rauques ou fluides de cette voix, les espaces et les temps, humains et cosmiques, se télescopent et enclenchent sans fin un séisme créateur. C’est ainsi que, puisque le passé fait le plein d’un présent sans retouche, et que le silex joue les bons offices de l’extrême présent, la traversée des mondes que le poème conduit permet d’atteindre à des confins d’infinis : le coq mourez fagots secoue l’éternité.

L’Arche du comte Orphée ou Les ailes du naufrage

Boris GAMALEYA. Azalées Éditions. Poésie. 2004. 9782913158962

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4ème de couverture
Creusée par le mal de l’absence, cette arche des civilisations pointe sur la croix à l’horizon les appels de l’aimée au chant des coqs. Permanence du naufrage. Tout-Poème des oiseaux embusqués dans le saule noir d’Andromède. Passe le désordre des convois sacrés – les mots en tourbillons comme autos en folie – les coqs lynx du bestiaire… les retrouvailles de Mélissa… Alexandre Pouchkine (« Rasine Kaf ») etc… Un nid de cyclone fait piou piou en les pléiades – cachette de pays oubliés. L’Utopie de l’écriture est là.